Par le Docteur Laurent Benadiba

Le rajeunissement vaginal ou rejuvenation vaginale consiste à améliorer, embellir ou réparer la région génitale. Aujourd’hui, les injections, le laser, la radiofréquence, le lipofilling et le lifting ne concernent plus seulement le visage et permettent à de nombreuses femmes de conserver voir de retrouver une qualité de vie sexuelle satisfaisante.

 

La médecine esthétique intime

  • Les injections d’acide hyaluronique (AH) génitales :

L’acide Hyaluronique est une véritable révolution dans ce domaine. Initialement utilisé en ophtalmologie et en médecine

esthétique, il a trouvé une indication majeure et très efficace en gynécologie esthétique et fonctionnelle. L’acide hyaluronique peut être utilisé dans les indications suivantes : sécheresse vaginale, augmentation des grandes lèvres, amplification de la zone G (point G). La sécheresse vaginale est un problème fréquent qui touche de nombreuses femmes aujourd’hui avec plus de 40% des femmes ménopausées gênant considérablement ces femmes dans leur vie sexuelle.

La sécheresse vaginale ne touche pas uniquement les femmes ménopausées mais aussi certaines sous contraception mini dosée, lors de la grossesse ou prise de certains médicaments anti hormonaux (post cancer) ou antidépresseurs. La sécheresse vaginale se présente sous la forme d’irritation vulvaires, de brûlures ou de démangeaisons en particulier lors des rapports, les rendant difficiles voire impossibles. Il y a encore peu, il n’existait que des traitements locaux peu ou mal utilisés par les patientes qui finalement acceptaient cette situation pénible.

Les injections d’acide hyaluronique sont une nouvelle arme  thérapeutique simple et qui donnent pleinement satisfaction à plus de 70% des utilisatrices.

En pratique, une injection d’acide hyaluronique spécifique (Desirial) est faite à l’entrée du vagin environ 2 fois/ an. Actuellement seul le Desirial de la marque Française Vivacy a un marquage CE pour cette indication. L’injection est très rapide et peu douloureuse. L’effet apparaît après quelques semaines et perdure plusieurs mois.

Ce traitement novateur est encore méconnu et de plus en plus de médecins se forment à ces techniques par le biais de diplômes comme le DUMEG (Diplôme Universitaire Médecine Esthétique Génitale) à Créteil.

D’autres méthodes novatrices peuvent traiter la sécheresse vaginale comme le laser vaginal, les injections de PRP, les Led et tout dernièrement; les injections de cellules souches (Nano fat).

 

  • L’augmentation des grandes lèvres :

Chez certaines femmes, les grandes lèvres sont peu développées ce qui accentue la taille des petites lèvres. Sinon dans la majorité des cas, les grandes se « vident » de leur graisse soit après un amaigrissement soit après les grossesses, soit avec le vieillissement (ménopause).

Les femmes qui souhaitent redonner du galbe aux grandes lèvres peuvent bénéficier soit d’une augmentation par injection de graisse (Lipofilling) soit par injection d’acide hyaluronique. On prélève en général 30 à 40 gr de graisse et on injecte environ 15/20 gr par lèvre car la graisse peut fondre en partie (jusqu’à 50%) mais une nouvelle ré-injection est possible à distance. Le résultat est immédiat avec une durée de plusieurs mois à années à poids constant.

Une autre solution consiste à injecter de l’acide hyaluronique, utilisé pour combler les rides habituellement. L’avantage est que l’injection peut se faire au cabinet avec ou sans anesthésie locale. La quantité injectée est en général plus faible que la graisse entre 2 et 4 cc/coté car le produit se gorge d’eau et il est plus volumateur que la graisse.

Le comblement par injections d’acide hyaluronique donne une souplesse comparable au tissu cutané, mais les bénéfices disparaissent avec le temps car le produit est résorbable en 12 mois en moyenne. L’injection se fait au cabinet avec une petite anesthésie locale et ne prend que quelques minutes. Il faut en moyenne 2 à 3 ml pour regalber une grande lèvre. Le résultat est immédiat et dure plus de 12 mois.

L’intérêt d’augmenter les grandes lèvres est mixte car il apporte en plus du remodelage esthétique, un coussinet physique qui protège l’entrée du vagin et limite les irritations locales.

 

  • L’Amplification du point G :

Le point G ou de Grafenberg a été décrit comme la « prostate » féminine, c’est une zone excitable et en connexion avec les

bras du clitoris.

Cette zone G et non ce point G mesure environ 2 cm2 et se situe à la paroi antérieure du vagin de part et d’autre de l’urètre (sortie de l’urine).

L’injection d’acide hyaluronique dans cette zone permet d’augmenter le volume de la zone G et donc mécaniquement amplifier sa stimulation lors des rapports. Par conséquent déclencher plus d’orgasmes vaginaux chez ces patientes. L’injection se fait au cabinet sans anesthésie en quelques minutes avec de l’AH. Cette injection est délicate, nécessite un apprentissage car le risque est de blesser l’urètre et de gêner la sortie de l’urine mais heureusement transitoirement.

Il s’agit d’une injection de 1 à 2 ml d’acide hyaluronique spécifique. L’effet obtenu est une stimulation des glandes para-urétrales et leur sécrétion, facilitant la lubrification de la zone, ainsi qu’un effet volume. Cette injection est quasi indolore et réalisée en ambulatoire. L’augmentation de volume de cette zone va la rendre plus facilement stimulable, et permet d’améliorer ces troubles sexuels. L’effet dure entre cinq et huit mois.

 

La chirurgie intime

La chirurgie intime permet de corriger, d’embellir ou de réparer l’intimité de l’homme et de la femme. Actuellement en plein essor, cette chirurgie permet d’aider de nombreuses patientes à retrouver confiance en elle et une vie sexuelle plus épanouie. Il est possible d’agir sur les petites lèvres, les grandes lèvres, le capuchon du clitoris, le mont vénus, l’hymen, la laxité vaginale… par des interventions courtes et simples.

La labiaplastie ou nymphoplastie est l’intervention la plus réalisée en chirurgie intime. L’intervention est simple sous anesthésie locale en ambulatoire et elle est possible à tout âge car la demande d’adolescentes avec l’accord des parents et du gynécologue est de plus en plus fréquente car il existe une gêne physique et esthétique.

Il existe de très nombreuses techniques pour réduire les petites lèvres. La technique dite longitudinale consiste à retirer l’excès de peau qui dépasse des grandes lèvres en coupant le sommet de la lèvre comme si on « coupait des cheveux » suivant toute la longueur de la petite lèvre. Cette technique est simple et rapide mais elle ne conserve pas l’anatomie normale de la lèvre puisqu’elle la décapite. Dans certains cas si la réduction est trop importante, on obtient une amputation des petites lèvres (nymphectomie) qui n’est absolument pas souhaitable. La plastie en V permet de réduire les petites lèvres tout en conservant la forme et l’aspect normal de la lèvre, c’est la technique la plus souvent employée par les plasticiens.

 

  • Le lifting du vagin ou Vaginoplastie :

La vaginoplastie est demandée par les patientes souffrant de laxité vaginale. Il arrive qu’après les accouchements en particulier après grossesse gémellaire, l’entrée du vagin soit plus large et que les patientes se plaignent d’une diminution ou d’une perte de la sensibilité lors des rapports sexuels et ce malgré une rééducation périnéale car le périnée ne récupère pas sa tonicité initiale, on parle de laxité vaginale. Tout comme la peau, le tissu vaginal est constitué de fibres de collagène. Durant l’accouchement par voie vaginale, le tissu subit un étirement excessif qui endommage les fibres de collagène et peut créer un relâchement (laxité), particulièrement autour de l’orifice vaginal. L’opération vise à diminuer le diamètre intérieur et extérieur de l’entrée du vagin et à renforcer le périnée et les muscles. Elle dure en moyenne une heure sous anesthésie générale. On agit sur la paroi postérieure du vagin. D’autres méthodes de traitement de la laxité vaginale sont proposées depuis peu pour éviter les interventions chirurgicales : La radiofréquence qui a une action sur les muscles du périnée et ce parfois dès la première séance. Le principe repose sur la stimulation de la fabrication du collagène par la radiofréquence. Cette méthode est connue et utilisée au niveau du visage depuis plusieurs années. Le geste se fait au cabinet sans anesthésie car il n’est pas douloureux. L’intervention dure 30 mn et il n’y a aucune désocialisation. Enfin, il est possible de renforcer la tonicité vaginale par le laser vaginal soit des injections de graisse ou acide hyaluronique. Le bilan par un médecin spécialiste permettra de proposer le traitement le plus adapté.

 

Les autres demandes en chirurgie intime :

  • La réduction du capuchon du clitoris :

Le capuchon clitoridien ou prépuce clitoridien est un repli de peau qui recouvre le gland du clitoris, il peut être plus ou moins épais et peut interférer dans la stimulation et la sensibilité du clitoris. La réduction de ce capuchon est possible par intervention chirurgicale qui se déroule le plus souvent sous anesthésie locale, elle peut être associée à une réduction des petites lèvres ou être faite isolément, l’objectif est de réduire le capuchon sans découvrir complètement le clitoris qui serait alors en permanence irritable.

  • La réduction du mont Venus :

Le mont Vénus est un excès graisseux situé au niveau des poils pubiens. Il peut être particulièrement volumineux même chez des femmes maigres qui sont très gênées esthétiquement en particulier en maillot de bain. Ces patientes ne sont pas forcément en surpoids. Le traitement est simple : il consiste en une lipoaspiration de la région généralement pratiqué sous anesthésie locale. Il peut être parfois nécessaire de retirer un excédent de peau par un mini lifting de la région.


Docteur Laurent Benadiba 

Le Dr Laurent BENADIBA est un pionnier en chirurgie intime depuis 14 ans, il est co-responsable de l’enseignement de cette discipline à la faculté dans le cadre d’un nouveau diplôme très novateur : DUMEG (Diplôme Universitaire de Médecine Esthétique Génitale).

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