Par le Docteur Doris Day

Nous vivons dans un monde en plein changement. Notre corps, à commencer par notre peau, est soumis à des impacts toujours plus importants provenant de la pollution et des éléments toxiques de l’environnement. Et pour le moment celui-ci n’a pas atteint un tel niveau dans son évolution pour neutraliser ses propres effets.

Ce phénomène est avant tout attribuable au stress oxydatif. Il se traduit par une surproduction de dérivés réactifs de l’oxygène (DRO) et l’incapacité du réseau antioxydant naturel de l’organisme à les neutraliser avant qu’ils n’endommagent la peau et autres organes. La production de dérivés réactifs de l’oxygène (DRO) est déclenchée par trois composants majeurs liés à la pollution : les particules fines, l’ozone et les récepteurs d’hydrocarbures aromatiques (AhR). Heureusement, il existe des solutions pour se protéger contre ces dommages et réparer au moins une partie des effets de ces derniers. Les Faits: Examinons de plus près quelques chiffres récents publiés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) :

  • 92 % – c’est le pourcentage de la population mondiale citadine qui ne respectent PAS les directives de qualité de l’air de l’OMS.
  • 6,5 millions de décès soit 11,6% du total des décès dans le monde liés à la pollution de l’air intérieur et extérieur. Ce nombre a plus que doublé depuis 2012.

Espérance de vie. En Europe, une année d’espérance de vie est perdue par chaque personne à cause de l’exposition aux particules fines (PM) dues à la pollution atmosphérique. Cette situation entraîne un risque accru de maladies cardiaques et pulmonaires. Les effets de la pollution sur la peau sont tout aussi importants : risque accru de cancer de la peau, sensibilité de la peau, vieillissement prématuré de la peau, décoloration, sécheresse, ternissement et rugosité.

En effet, la pollution regroupe de nombreux facteurs, ce qui rend difficile toute identification exacte de l’un des différents facteurs responsables des altérations cutanées dont nous sommes en présence. Il est possible d’exposer les cellules de peau humaines cultivées en laboratoire à certains polluants un par un. Parmi les polluants testés, il convient de citer le benzopyrène, les poussières urbaines, les poussières ultrafines et les gaz d’échappement des moteurs diesel. Curieusement, la vraie menace provient rarement de ces particules elles-mêmes, mais plutôt des produits chimiques qui finissent par s’y attacher.

Ainsi, la poussière urbaine contient un cocktail de 224 substances chimiques toxiques – des hydrocarbures polyaromatiques aux pesticides et métaux lourds. Si les particules de pollution sont généralement trop grosses pour pénétrer dans la peau, beaucoup de ces substances chimiques qui y sont attachées ne le sont pas. La fumée de cigarette est un autre polluant important qui se compose de plus de 6 000 substances chimiques ! Les tests en laboratoire servent à analyser la façon dont les cellules réagissent aux différents polluants.

Grâce à ces tests il est également possible de déterminer les ingrédients qui peuvent les protéger contre les effets négatifs, par exemple, l’inflammation. Il est ensuite possible de développer des produits de protection contre les dommages et de réparer au mieux les dommages déjà causés.

Relation entre qualité de l’air et problèmes de peau

Il existe une relation évidente entre les pics de pollution de l’air et l’augmentation du nombre de personnes souffrant de problèmes de peau tels que l’acné, l’urticaire et l’eczéma. Il est clair que la pollution de l’air n’affecte pas uniquement les couches superficielles de la peau, mais constitue également une menace réelle pour la santé de la peau. Une étude récente réalisée en Corée a évalué les effets cliniques des polluants de l’air extérieur sur les patients atteints d’eczéma chronique. Pour estimer l’exposition de chaque patient à la pollution atmosphérique, les chercheurs ont mesuré la teneur quotidienne de l’air en particules fines, en oxydes d’azote et en composés organiques volatils. Ils ont trouvé une corrélation directe entre la concentration de particules à l’extérieur et la présence de symptômes, tout en soulignant que la pollution de l’air ambiant était un facteur aggravant pour ces patients.

Chez les habitants des zones très polluées, la peau est moins bien hydratée que chez ceux qui habitent dans les banlieues plus propres, bien que leurs choix de mode de vie soient meilleurs (nettoyage et démaquillage, consommation d’eau et utilisation de produits de soins de peau). Par ailleurs, la fonction barrière de la peau s’avère fragilisée chez les citadins. Certes, il y a hélas un manque regrettable de recherches approfondies dans le domaine de la pollution atmosphérique et de la santé de la peau, mais il existe des preuves scientifiques irréfutables démontrant que la fonction de barrière cutanée et l’hydratation de la peau sont imminemment et fortement menacées par la pollution de l’air.

Gestes anti-pollution pour protéger et restaurer votre peau

  • Nettoyage. Je suis restée interloquée par les chiffres témoignant de la composition chimique des particules de pollution. Je recommande un processus de nettoyage en deux étapes : la première consiste à utiliser une lingette nettoyante ou un disque de démaquillage et la deuxième étape sous-entend un lavage avec un nettoyant pour enlever tout reste de maquillage, saleté, impuretés ou traces de pollution laissées sur la peau. Les brosses de nettoyage fonctionnent mieux qu’un lavage simple du visage avec les mains.
  • Niacinamide (vitamine B3). Par voie orale deux fois par jour avec une posologie entre 500 et 750 mg ou par voie topique sous forme de produits de marques différentes : Olay, Nia24, Skin Medica, SkinCeuticals et autres. C’est l’un des ingrédients les plus efficaces et il se positionne en tête de liste des produits capables de réduire les effets négatifs de la poussière urbaine, de la fumée de cigarette, de la poussière diesel et du benzopyrène, que l’on trouve surtout dans les habitations en milieu urbain. Tous ces tests montrent que l’utilisation du niacinamide permet de réduire significativement les dommages causés aux cellules de la peau, en les protégeant et en les aidant à mieux se régénérer. Cette vitamine renforce également la barrière cutanée et répare activement les dommages causés par les rayons UV et elle protège votre peau contre les agressions extérieures.
  • Superoxyde Dismutase (SOD). Je la recommande souvent à mes patients sous forme de GliSODin. Il s’agit d’un supplément à prendre par voie orale contenant un extrait de melon combiné à un extrait de blé. Cette combinaison s’avère efficace pour augmenter les défenses antioxydantes de l’organisme et ses propriétés anti-inflammatoires.
  • L’hydratation. Le fait de boire de l’eau et d’utiliser d’excellents produits sur votre peau est primordial pour faire fonctionner au mieux votre peau afin de protéger et de renforcer la barrière naturelle de la peau.
  • Protection contre les UV. C’est l’un des plus grands agresseurs environnementaux. Un produit SPF doit toujours vous accompagner dans votre routine quotidienne.
  • Antioxydants. Par voie topique et orale. Il s’agit notamment des vitamines A, C, D, B-complexe et B3, comme indiqué ci-dessus.
  • Adaptogènes. Ce sont des ingrédients naturels qui servent à équilibrer et à atténuer les effets du stress sur le corps humain. Il s’agit notamment du Superoxyde dismutase, CoQ10 et Resvératrol, ashwaganda, curcumine et ginseng. La meilleure façon de les intégrer dans votre régime est de les consommer sous forme de fruits, de légumes et d’épices. Ils sont également disponibles sous forme de suppléments tels que le Nutrafol, conçu pour stimuler la croissance des cheveux, mais je le recommande souvent à mes patients comme un supplément anti-pollution.

Protégez votre peau

Les menaces liées à la pollution sont bien réelles et elles ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Protégez votre peau et votre santé par une alimentation riche en antioxydants, en ajoutant des suppléments soigneusement choisis, en nettoyant correctement votre peau et en utilisant des produits dont les ingrédients ont été testés contre les toxines les plus fréquemment présentes dans l’air pollué. Enfin, faites tout votre possible pour réutiliser et recycler afin de contribuer à la reconstruction de notre planète pendant qu’il est encore temps.

 

Par le Docteur Doris Day

Docteur en médecine, est une dermatologue certifiée qui est spécialisée en dermatologie laser, cosmétique et chirurgicale à New York. Elle est professeur agrégée de dermatologie au Langone Medical Center de l’Université de New York. Elle a remporté plusieurs prix pour son travail dans la recherche laser, l’enseignement et la promotion de la dermatologie

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