Par le Dr Catherine de Goursac
Vers une reconnaissance internationale du bénéfice du THS
La compréhension de la ménopause a connu une accélération majeure au cours des années 2023–2025, transformant profondément les pratiques. Le congrès nord-américain de juillet 2025 a marqué un tournant historique, entérinant enfin aux États-Unis ce que l’Europe défend depuis plus d’une décennie : le traitement hormonal substitutif (THS) transdermique naturel, lorsqu’il est initié précocement, présente un rapport bénéfice–risque très favorable.
Les nouvelles recommandations reconnaissent également qu’attendre strictement 12 mois d’aménorrhée n’est plus nécessaire pour débuter un THS : l’entrée en traitement dès la périménopause devient une stratégie recommandée chez les femmes symptomatiques, après évaluation clinique.

Âge moyen et variations mondiales
L’âge de la ménopause reste stable : 50–52 ans dans les pays occidentaux, légèrement plus bas en Afrique, en Inde et en Chine (47–49 ans), sans changement majeur depuis l’Antiquité.
Les situations particulières incluent :
- ménopause précoce <40 ans : 1 %,
- ménopause précoce relative 40–45 ans : 5–10 %.
Périménopause : mieux comprise, mieux prise en charge
Une transition hormonale très longue
La périménopause s’étend en moyenne 4 à 6 ans, parfois plus de 10 ans, et débute souvent dès 40 ans, avant toute perturbation des cycles. La baisse de la progestérone est l’événement précoce essentiel, responsable de :
- troubles du sommeil,
- irritabilité, anxiété,
- sécheresse cutanée,
- irrégularités menstruelles,
- hyperœstrogénie relative.
Hyperœstrogénie relative : une cible thérapeutique 2025
Entre 45 et 48 ans, les ovaires sécrètent encore des œstrogènes fluctuants mais la progestérone chute fortement. Ce déséquilibre crée :
- bouffées de chaleur paradoxales,
- tension mammaire,
- ballonnements,
- prise de poids centrale,
- métrorragies,
- premières manifestations d’atrophie génito-urinaire.
Les nouvelles recommandations américaines 2025 soulignent que ne pas traiter cette phase est délétère, car l’hyperœstrogénie relative expose à l’inflammation systémique, aux troubles de l’humeur, et à des anomalies endométriales.
Biologie hormonale : des marqueurs utiles mais fluctuants
- FSH : fluctue énormément → utile mais non décisif hors éléments cliniques.
- Estradiol : oscillations importantes.
- AMH : meilleur marqueur de la réserve ; chute régulière.
- Inhibine B : baisse progressive → élévation de la FSH.
Les recommandations 2024–2025 proposent : de supplémenter en progéstérone bio identique en péri ménopause et si besoin d’initier le THS en périménopause lorsque les symptômes sont significatifs et que la FSH dépasse 25 UI/L, sans attendre l’aménorrhée complète.
Que faire en périménopause ? Les nouveautés 2024–2025

La première étape thérapeutique reste la progestérone micronisée bio-identique, recommandée pour :
- régulation des cycles,
- sommeil, anxiété, irritabilité,
- protection endométriale,
- diminution des métrorragies.
Elle peut être suivie ou associée d’un œstrogène transdermique dès que les symptômes vasomoteurs deviennent invalidants — ce que confirment les nouvelles recommandations américaines 2025.
THS : des données réévaluées en profondeur (2018–2025)
1. Comprendre l’héritage de la WHI
Les risques publiés en 2002 concernaient des femmes :
- en moyenne 62,5 ans,
- utilisant œstrogènes équins conjugués oraux à dose massive,
- associés à un progestatif de synthèse.
Ces résultats ne sont pas applicables aux schémas modernes européens utilisant estradiol transdermique + progestérone naturelle avec une fenêtre thérapeutique de 3 ans..
2. Position européenne (2013–2024)
Les sociétés savantes européennes soutiennent :
- estradiol transdermique (gel/patch),
- progestérone micronisée,
- initiation précoce,
→ avec des risques thromboemboliques, cardiovasculaires et mammaires très faibles.
3. Révolution américaine 2025 : reconnaissance d’un bénéfice net
En 2025, la FDA et le congrès nord-américain de la ménopause reconnaissent officiellement :
✔ Bénéfice–risque global favorable du THS moderne
✔ Initiation recommandée dès la périménopause chez les femmes symptomatiques
✔ Supériorité de la voie transdermique
✔ Neutralité sur le poids et protection cardio-métabolique
✔ Potentiel protecteur neurosynaptique si débuté tôt
Les États-Unis rejoignent donc enfin les recommandations européennes.
4. Analyse actualisée des risques (2023–2025)
Cancer du sein
- Augmentation très faible avec estradiol transdermique + progestérone naturelle :
de 6,5 % à ~7,3 % selon les grandes cohortes européennes. - Avec œstrogènes seuls, aucun excès observé.
Thrombose
- Aucune augmentation avec la voie transdermique + progestérone micronisée (Canonico et coll.).
Fonction cardiovasculaire et AVC
Les nouvelles données 2024–2025 confirment que l’estradiol transdermique diminue la rigidité artérielle, améliore la vasodilatation endothéliale et réduit le risque d’AVC chez les femmes traitées précocement par rapport aux femmes non traitées.
Os
- Gain de 3 à 6 % de densité minérale osseuse en 2 à 3 ans.
Neuroprotection
Initiation précoce =
- risque réduit de démence,
- ralentissement de la progression d’Alzheimer chez les femmes APOE4 négatives,
- effet protecteur dopaminergique (Parkinson).
Poids
- Essai PEPI : pas de prise de poids sous THS, contrairement à la ménopause non traitée (5–7 kg en moyenne).
Quand débuter le THS ? — Consensus 2024–2025
ESHRE 2024 + congrès USA 2025 = recommandations alignées
Il est désormais admis que :
Le THS peut être initié en périménopause, avant les 12 mois d’aménorrhée.
Les critères pertinents sont :
- symptômes typiques + FSH >25 UI/L,
- cycles irréguliers,
- retentissement sur le sommeil, l’humeur ou la qualité de vie.
Conclusion
La période 2024–2025 marque un changement majeur dans la prise en charge de la ménopause. Pour la première fois, les États-Unis reconnaissent officiellement :
- l’importance du démarrage précoce,
- la sécurité des hormones bio-identiques transdermiques,
- le bénéfice net du THS sur la santé vasculaire, osseuse, cutanée, neuronale et métabolique,
- le rôle crucial d’un accompagnement dès la périménopause pour réduire l’hyperœstrogénie relative délétère.
La vision moderne de la ménopause n’est plus de “subir” cette transition, mais de l’accompagner activement avec des outils thérapeutiques sûrs, personnalisés, et validés par les études les plus récentes.
Dr Catherine de Goursac

Experte dans les techniques de médecine esthétique depuis 30 ans. Enseignante à la faculté de médecine depuis 2017, membre du CA de l’AFME : Association Française de Médecine Esthétique, membre du CA du SNME : Syndicat National de Médecine Esthétique, membre définitif de la Société française de médecine esthétique.
Références essentielles
- Burger HG. Endocrinology of the perimenopause.
- Santoro N. Physiology of menopausal transition.
- Hale GE. AMH and menopausal timing.
- WHI Investigators. JAMA.
- Canonico M. Transdermal estrogen and VTE.
- Lobo RA. MHT and cardiovascular risk.
- Fournier A. E3N Cohort – breast cancer and MHT.
- ESHRE Guidelines, 2024.
- PEPI Trial.
- FDA Menopausal Hormone Therapy Review, 2025.

