Propos recueillis par Annabel MacGowan
Dania Hückmann, est la première femme de la famille Merz à siéger au Conseil d’administration de Merz Aesthetics et au Conseil d’administration général. Elle se tient à la croisée des chemins entre tradition et progrès dans une entreprise familiale qui en est à sa cinquième génération. Elle apporte une perspective nouvelle tout en honorant l’héritage de son arrière-grand-père, Friedrich Merz, qui a fondé l’entreprise il y a plus d’un siècle. Connu pour ses idées visionnaires, son influence est toujours évidente dans l’approche avant-gardiste de l’entreprise, et Dania Hückmann est désireuse de s’appuyer sur cet héritage tout en incarnant les valeurs d’inclusion, de durabilité et d’empowerment.
ANTI-AGE & LONGEVITY MAGAZINE : Pensez-vous avoir été influencée voire inspirée par votre lignée familiale ?

Dania Hückmann : Absolument. Je fais partie de la quatrième génération de la famille Merz et je m’identifie à mon père, qui a été PDG pendant de nombreuses années. Il était très déterminé, toujours concentré sur ses responsabilités et tourné vers l’avenir. Mais ce qui m’importe, c’est que Merz a toujours compté des femmes fortes. Lorsque mon père était PDG, ma tante était sa coprésidente et il n’avait que des actionnaires femmes. Je pense qu’il est important de mettre en avant les femmes de notre famille, dont les contributions ont souvent été éclipsées par les hommes qui occupaient le devant de la scène. J’ai beaucoup appris de mon père, il disait qu’il fallait s’entourer de personnes ne craignant pas de poser les questions difficiles et de prendre des décisions en fonction de ce qui est vraiment nécessaire. J’ai réalisé que faire partie d’une entreprise familiale offrait la possibilité d’avoir un réel impact, et c’est ce qui m’a motivée à jouer un rôle actif.
AALM : Vous êtes la première femme à siéger au conseil d’administration de Merz Aesthetics et au Conseil de direction. Comment avez-vous pris la décision de rejoindre l’entreprise ?
D.H. : Je vivais aux États-Unis, où j’étais professeure à Harvard. Après la naissance de ma fille et lors de la pandémie, j’ai eu le temps de réfléchir aux défis que l’avenir lui réservait. Une amie m’a suggéré de rejoindre l’entreprise familiale, et même si au début j’ai ri de cette idée, elle m’est restée à l’esprit. J’ai passé trois ans à suivre un programme d’intégration pour apprendre le métier, et finalement, la famille m’a élue aux côtés de mes deux cousins Christian Baatz et Sebastian Schellhaas. Je souhaitais contribuer au développement durable et anticiper les défis de demain, j’ai donc saisi cette opportunité unique de participer à l’avenir de l’entreprise.
AALM : Quelle est votre méthode préférée pour vous motiver, nourrir votre dynamisme et votre inspiration ?

D.H. : Je tire beaucoup de motivation de mes expériences, en particulier du parachutisme. Voir que la terre est ronde est une expérience qui change complètement la vision des choses. J’ai effectué plus de 1500 sauts. Le moment où le parachute s’ouvre et où l’on découvre une vue magnifique procure une grande paix intérieure. Il n’y a plus que soi dans son corps, et tout le reste cesse d’exister.
AALM : Pouvez-vous nous parler de la transition de Merz du secteur pharmaceutique vers l’esthétique et nous expliquer en quoi cela s’inscrit dans votre vision ?
D.H. : En grandissant, les soins de santé ont toujours occupé une place importante dans notre famille. Mais la transition de la pharmacie à l’esthétique a été un vrai tournant. Le temps est un facteur essentiel. Nous ne pensons pas en termes de trimestres, mais en termes de générations. Je pense que deux facteurs ont contribué à notre succès. Le premier est que nous sommes cohérents dans nos valeurs, qui se résument ainsi : « Être meilleur, être différent, rester indépendant. » Le deuxième facteur est que nous ne craignons pas d’aller vers le changement. Notre portefeuille esthétique s’est construit sur le succès du Memantine®, notre médicament contre la maladie d’Alzheimer. Il nous a permis de nous orienter vers la médecine esthétique, qui cherche à aider les gens à se sentir confiants et bien dans leur peau. Il s’agit davantage de mettre en valeur la « beauté unique » de chacun. Une autre tendance très positive est la biostimulation, car elle consiste à utiliser les ressources de son propre corps. C’est un complément idéal aux produits de santé du groupe Merz, qui s’inscrit dans une approche plus holistique, où il s’agit de se sentir bien à l’intérieur comme à l’extérieur. J’adore l’esthétique, je trouve que c’est un domaine dynamique et créatif.
AALM : Comment mettez-vous en œuvre le développement durable dans une entreprise pharmaceutique et esthétique ? N’est-ce pas parfois en contradiction avec l’innovation et la sécurité ?
D.H. : C’est un état d’esprit ancré dans la culture de Merz. Mon arrière-grand-père disait toujours : « Soyez meilleurs, soyez différents. » J’ajouterais « soyez audacieux ». Aujourd’hui, nous continuons à sortir des sentiers battus, tout comme Friedrich Merz le faisait lorsqu’il inventait de nouvelles solutions qui répondaient aux besoins réels des gens, ce qui était sa motivation première. Après avoir réalisé à quel point les femmes étaient malades et épuisées par les nombreuses grossesses, il a inventé le premier contraceptif pour femmes, une crème spermicide, malgré la forte pression du pape et du roi, qui étaient très mécontents, puis son interdiction par les nazis. Ce fut notre premier grand succès, qui répondait à un besoin réel. Il a également créé la première crème pour le visage en tube pour éviter toute contamination bactérienne. Pour cela, il a dû inventer une machine inspirée d’un appareil à farcir les saucisses ! Puis il a fabriqué un carrousel pour mettre les tubes en valeur et il a proposé aux pharmacies d’imprimer leurs propres étiquettes. Ce que cela nous a appris en tant que famille, c’est que l’innovation se trouve d’abord dans le produit de départ, puis dans l’emballage, le marketing et la présentation. On peut innover à tous les niveaux. Radiesse® est l’un des premiers biostimulants à avoir été commercialisé il y a vingt ans, et nous continuons d’étudier ses propriétés d’après les retours de nos KOL, qui souhaitent mettre l’accent sur ses effets chez les patients suivant des protocoles de perte de poids rapide, et confrontés à des problèmes de relâchement cutané.
AALM : Merz Aesthetics propose désormais des traitements Ultherapy® pour le corps. Ces nouvelles indications s’inscrivent-elles dans la tendance « slow beauty », qui repose également sur une approche préventive ?
D.H. : La slow beauty ne consiste pas à trouver des solutions rapides, mais à aider le corps à exploiter ses propres ressources biologiques pour produire ses propres solutions. Je suis très enthousiaste car nous avons deux produits qui font cela. Salma Hayek fait la promotion d’Ultherapy® PRIME. Elle a même inventé l’expression « L’avenir de la beauté est l’énergie ». Il y a tellement de vérité dans cette phrase. Et cette énergie, elle provient de la confiance en soi, de l’empowerment. C’est ce que nos produits s’efforcent d’apporter. C’est pourquoi je suis également très enthousiaste à propos du lancement récent en Chine de notre Toxine Incobotulinum A et de Radiesse®.
AALM : Quelle est votre vision de la santé et du bien-être esthétiques et comment voyez-vous l’avenir de Merz ?
D.H. : Nous devons réfléchir à l’innovation sous tous ses aspects. Par exemple, nous trouvons que nos fillers sont exceptionnels, alors pourquoi changer une formule qui marche ? Mais en modifiant le système d’administration du produit, la nouvelle seringue facilite son utilisation et la rend plus précise pour les médecins. Je vois l’avenir de la médecine esthétique dans la capacité à offrir aux patients des résultats naturels. C’est important que les gens se sentent bien dans leur peau, et tout ce qui va dans ce sens est l’avenir. Nous collaborons avec la start-up Futury à Francfort, car nous avons besoin de dialoguer avec les jeunes. Ils ont des idées différentes. Ce sont eux qui apportent les dernières innovations. Nous sommes convaincus qu’il est important de cultiver sa curiosité et d’écouter. Je pense que ma mission est d’aider Merz à se préparer pour l’avenir, et que les aspects les plus importants sont la durabilité, la science et la sécurité. Mais encore, j’essaie de contribuer à l’émancipation des femmes. L’une de nos affiches représente une femme à la peau métisse portant un foulard rose sur fond rose vif, et de nombreuses femmes du Moyen-Orient ont pris des selfies devant cette affiche. C’est ça la diversité : faire en sorte que les gens se sentent reconnus. J’adore cette campagne, qui a été conçue pour montrer que Merz fabrique des produits pour tout le monde. Les produits Merz Aesthetics sont disponibles dans plus de 90 pays, et je suis heureuse de faire partie de l’univers de l’esthétique.

