Lors de la conférence de presse du 11 mars 2026 à Paris, voici les points essentiels à retenir :
- Une pratique en crise structurelle.
En 2024, 300 enquêtes ont été ouvertes pour exercice illégal de la médecine esthétique. Le marché parallèle représente 800 millions d’euros d’actes non déclarés, soit 160 millions d’euros de TVA non collectée et 350 millions d’euros de manque à gagner fiscal et social. - Des risques sanitaires documentés.
Cécités irréversibles, AVC, nécroses, botulisme sévère, infections virales : les complications graves imputables aux “fake injectors” sont avérées et croissantes. - Une attente publique forte.
61 % des Français demandent un renforcement encadré de la pratique, 96 % souhaitent un contrôle des contenus promotionnels, 70 % sont favorables à l’élargissement des injections à davantage de médecins compétents pour répondre aux besoins croissants (étude Norstat, janvier 2026). - Un paradoxe réglementaire unique en Europe.
La France est le seul pays où un médecin généraliste ne peut légalement injecter de toxine botulique, tandis que des non-médecins opèrent sans formation ni assurance. - Un label, pas un agrément d’État.
Signal lisible par le grand public, porté par des pairs, indépendant du législateur et révocable en cas de manquement : le Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique lance un label basé sur 21 critères pour structurer, sécuriser, encadrer la pratique dont l’objectif premier est de protéger les patients contre l’exercice illégal de la médecine. - Une grande campagne de communication à partir de septembre 2026– 1m€ pour valoriser les praticiens vertueux et faire disparaitre les « fakes injectors »
- Etat des lieux
La médecine esthétique est aujourd’hui l’un des marchés de santé les plus dynamiques en France, mais aussi l’un des plus exposés aux dérives. C’est dans ce contexte que le Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique, association loi 1901 (plus de 200 médecins engagés dans une pratique éthique) a convié professionnels de santé, représentants institutionnels et médias à Paris le 11 mars 2026 pour l’annonce du lancement de son “Label des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique”.
Ce label répond à un double constat : une croissance rapide du secteur (+64 % depuis 2018) doublée d’une dérive structurelle alarmante, avec près de 40 % des injections à visée esthétique aujourd’hui réalisées hors cadre médical.
La France est, à ce titre, une singularité européenne : nous sommes le seul pays où un médecin généraliste ne peut légalement injecter de toxine botulique, alors même que des non-médecins – esthéticiens, coiffeurs, influenceurs, réseaux mafieux etc… – opèrent en toute impunité.
- Les points clefs annoncés
- Label des bonnes pratiques en médecine esthétique
Le Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique lance officiellement un label des bonnes pratiques en médecine esthétique qui s’appuie sur 21 critères répartis en cinq domaines d’exigence :
1. Qualification et cadre d’exercice (diplôme médical UE, inscription ordinale, expérience, assurance RCP) ;
2. Information et protection du patient (consultation préalable, consentement éclairé, protection des mineurs) ;
3. Sécurité et traçabilité (protocoles de gestion des complications, trousse d’urgence, formation aux urgences liées aux injections) ;
4. Déontologie et communication (conformité aux codes de santé publique et de déontologie, transparence tarifaire, absence de publicité trompeuse) ;
5. Qualité et amélioration continue (formation DPC, suivi patient, retours d’expérience).
Le référentiel a été élaboré par Philippe Duclos (Polytechnique, Mines Paris, ancien partner McKinsey) et ses équipes. Ce cadre a été élaboré à partir d’entretiens approfondis avec des médecins disposant de 10 à 25 ans d’expérience, d’une analyse des rapports de la Haute Autorité de la Santé (HAS) et de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), des données de sinistralité, de la jurisprudence disciplinaire et d’un benchmark des modèles européens.
Un processus de labellisation robuste
Les médecins candidats déposent un dossier (diplôme, inscription CNOM, assurance, justificatifs de formation) instruit sous 20 jours ouvrés. Chaque critère est vérifié et donne lieu à un accord, une demande de mise en conformité ou un refus motivé.
La validation est effectuée mensuellement par les instances du Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique. Les dossiers labellisés sont ensuite transmis au Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) ; Le Cercle propose par ailleurs qu’un représentant du CNOM puisse siéger en qualité d’observateur – garantie de transparence et d’alignement institutionnel.
Le label est valable 3 ans. Les praticiens labellisés sont référencés publiquement sur le site du Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique.

- Un dispositif de gestion des urgences et complications graves en cours de construction
En l’absence de dispositif national existant, le Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique travaille à la mise en place d’un mécanisme pilote de prise en charge des complications graves qui vise à définir des protocoles de soins standardisés au sein d’équipes multidisciplinaires, à poser un cadre juridique d’intervention, à former les médecins urgentistes, et, à terme, à être déployé à l’échelle nationale. Objectif affiché : réponse téléphonique en moins de 10 minutes, présence physique possible en moins d’une heure pour une prise en charge rapide et limiter les séquelles à long terme.
- Une grande campagne nationale grand public autour de ce label et contre les « fakes injectors » en septembre 2026
Le Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique annonce le lancement d’une grande campagne nationale de communication et de sensibilisation à destination du grand public à partir de septembre 2026. L’objectif est clair : informer, prévenir et mieux protéger les patients face à la banalisation des actes esthétiques et à la progression des pratiques illégales.
Cette campagne se veut ouverte et fédératrice avec l’ambition d’associer l’Ordre des médecins ainsi que toutes les spécialités médicales impliquées dans les pratiques esthétiques.
Afin de donner à cette initiative l’ampleur nécessaire, des premiers échanges ont été initiés avec l’ensemble des parties prenantes du secteur – laboratoires pharmaceutiques, médias, acteurs de l’écosystème, et plateformes numériques (TikTok, YouTube, Facebook, Instagram, etc.) – afin de les associer pleinement à cette démarche collective.
Un objectif de 1 million d’euros de fonds dédiés a été fixé pour permettre le déploiement de cette campagne.
- Quelques citations sur les points clefs abordés
« Lorsque 40 % des injections sont réalisées hors cadre médical et que 160 millions de TVA échappent chaque année à l’État, ce n’est plus un débat sectoriel, c’est un enjeu de santé publique et de responsabilité collective. Le label des bonnes pratiques en médecine esthétique est crucial pour notre secteur. Il est temps que l’ensemble des acteurs – médecins, laboratoires, plateformes et pouvoirs publics – y prennent part, restaurent la confiance et mettent fin à l’impunité des fake injectors. »Catherine Plagellat, Déléguée générale du Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique
« Le label des Bonnes Pratiques a été conçu comme un repère clair et immédiatement identifiable pour les patients. Fondé sur des critères exigeants et vérifiés, il permet de distinguer les médecins qui s’engagent dans un cadre rigoureux de formation, de sécurité et de déontologie, et qui placent la qualité des soins et la protection des patients au cœur de leur pratique. »
Anne Grand Vincent, Co-présidente du Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique
« Les réseaux sociaux ont largement contribué à banaliser des actes médicaux. Chaque jour, des milliers d’internautes sont exposés à des contenus promotionnels trompeurs, diffusés par des acteurs peu scrupuleux et insuffisamment qualifiés. Face à cette dérive, il est indispensable de réintroduire de la pédagogie, de la transparence et de la responsabilité dans la communication autour de la médecine esthétique. »
Valentin Chabbi, Co-président du Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique
« La médecine esthétique n’est pas un commerce, c’est une pratique médicale. Contrairement aux “fake injectors” qui agissent sans formation ni responsabilité, les médecins sont liés par le serment d’Hippocrate et par une exigence de compétence : connaissance de l’anatomie, diagnostic, gestion des complications. La formation continue est une condition essentielle pour garantir la sécurité des patients. Notre label a été créé pour reconnaître et valoriser cette exigence permanente d’excellence. »
Éric Essayagh, Co-président du Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique
« La France constitue aujourd’hui une exception en Europe : dans la plupart des pays voisins, les médecins peuvent pratiquer ces actes dans un cadre réglementaire clair et sécurisé. Chez nous, la réglementation limite les praticiens formés tout en laissant, paradoxalement, prospérer des pratiques illégales. »
Philippe Duclos (Polytechnique, Mines Paris, ancien Partner McKinsey)
Contact presse : contact@cercle-medecine-esthetique.com

