Dr Riccardo Marsili
De la prévention au repositionnement des tissus, médecine esthétique et chirurgie s’inscrivent dans une stratégie complémentaire pour accompagner le vieillissement du visage, en respectant son anatomie, ses volumes et son naturel.
ANTI-AGE & LONGEVITY MAGAZINE : Le lifting est-il encore demandé de nos jours ?
DR RICCARDO MARSILI : Le lifting reste une technique majeure du rajeunissement facial. Aucune procédure mini-invasive n’offre la même efficacité pour repositionner réellement les tissus ptosés tout en préservant le naturel et la fonctionnalité du visage. La croissance et la pénétration de la médecine esthétique au sein de la population n’ont pas remplacé la chirurgie, mais en ont élargi la base de patients potentiels et ils ont progressivement réduit la demande pour les techniques chirurgicales plus simples (comme les liftings par plicature ou les mini-lifts) qui offraient des résultats souvent médiocres, peu durables et parfois presque superposables à ceux des traitements non chirurgicaux. En revanche, le lifting moderne repose sur plusieurs principes : repositionnement des tissus profonds (SMAS), préservation de la vascularisation cutanée, des muscles et des glandes salivaires et absence de tension sur la peau. Les techniques de deep SMAS de préservation limitent le décollement cutané et permettent un vieillissement cutané optimal.
« La médecine esthétique joue un rôle essentiel dans la prévention du vieillissement, en préservant la qualité de la peau, son élasticité et l’harmonie des volumes.»

AA&LM : Quelle est la meilleure indication pour un lifting ?
DR. R.M. : Le vieillissement facial repose sur deux mécanismes :
• La déflation (perte de volume), qui touche surtout les tiers supérieur et moyen : ces zones doivent être remplies plutôt que liftées.
• La ptôse, correspondant à l’alourdissement et au déplacement vers le bas des tissus. Le lifting traite la ptôse en rajeunissant les tiers moyen, inférieur et le cou, en repositionnant les tissus affaissés.
AA&LM : Pourquoi parle-t-on de «lifting à l’acide hyaluronique» en médecine esthétique ? Est-ce vraiment comparable ?
DR. R.M. : Non, ce ne sont pas des procédures comparables bien que les injections peuvent créer un « effet lifting visuel » en harmonisant les volumes perdus avec la déflation. En revanche, elles ne permettent pas de relever réellement les tissus ptosés (bajoues, sillons nasogéniens) : créer du volume ne tracte pas la peau et peut produire un résultat disproportionné. Chez les patients jeunes présentant une ébauche de jowl, notamment avec une mandibule peu développée, l’injection le long du profil mandibulaire peut toutefois camoufler les bajoues et harmoniser le visage sans chirurgie.
AA&LM : À quel âge conseillez-vous de recourir à un lifting ? Et à quel âge préconisez-vous de commencer la médecine esthétique ?
DR. R.M. : Il n’existe pas d’âge précis : l’indication dépend surtout de l’anatomie et du degré de relâchement. Si la majorité des patients sont opérés après 50 ans, les techniques modernes de deep SMAS de préservation peuvent être indiquées plus tôt, parfois avant 40 ans, notamment en cas de laxité cutanée ou pour créer un angle cervico-mentonnier plus défini grace au deep neck, car on garantit un vieillissement futur tout à fait naturel. Chez les patients jeunes, je déconseille les mini-liftings ou liftings par plicature associés à de larges décollements cutanés. La médecine esthétique joue parallèlement un rôle essentiel dans la prévention du vieillissement, en préservant la qualité de la peau, son élasticité et l’harmonie des volumes. Les patients les plus jeunes demandent aujourd’hui des protocoles de prévention dès 20 ans.
AA&LM : Les fils tenseurs peuvent-ils retarder l’âge du lifting ?
DR. R.M. : Tout à fait oui. Ils ne remplacent pas un lifting, mais peuvent différer le recours à la chirurgie. En phase préventive (ptôses débutantes) : ils offrent une action corrective efficace sur les affaissements légers à modérés. En phase post-opératoire (entretien) : ils permettent de préserver et prolonger les résultats d’un lifting, retardant ainsi le recours éventuel à un second lifting.
Dr Riccardo Marsili

Chirurgien plasticien à Paris. Il est spécialiste du rajeunissement facial, expert en médecine et chirurgie régénérative. Il associe innovation technologiques et expertise chirurgicale pour des résultats naturels. Il est membre de la SOFCPRE.
