Garder un beau sourire en préservant les dents et en stimulant et régénérant les bases osseuses et gingivales.
La perte des dents avec l’âge n’est pas une fatalité. En effet, lorsque l’âge avance, toutes les structures vivantes sont soumises à des évènements qu’elles vont plus ou moins bien accepter. Ce sont leur capacité d’adaptation et la préservation de leur capacité à se nourrir et à se défendre qui leur permettent de se maintenir en bon état dans le temps. La cavité buccale, et notamment les dents et les gencives, est soumise à ces mêmes règles.
Une qualité de vie globale regroupant les facteurs physiques, psychiques, alimentaires et environnementaux, associée à la mise en place des traitements locaux et généraux nécessaires, va permettre aux tissus buccaux et péri-buccaux d’assurer leur stabilité et leur fonction tout au long de la vie.
Le temps et la cavité buccale

Au niveau dentaire, la forme, la position et/ou la teinte des dents peuvent varier en raison de l’usure physiologique que l’on peut considérer comme les heures de fonctionnement, ou d’incidents de parcours (choc, accident alimentaire comme le noyau d’olive imprévu…). Si la dent se casse ou perd une partie, la restauration peut être réalisée au cabinet dentaire. Les techniques et matériaux actuels permettent de redonner sa morphologie et sa fonction à la dent avec beaucoup de naturel : on parle de restauration mimétique.
La gencive qui entoure et protège les dents est soumise à une modification différente avec le temps. En effet, la gencive est un tissu conjonctif. Plus précisément, elle se compose d’une couche superficielle (l’épithélium) et d’une couche sous-jacente de tissu conjonctif. Ce tissu conjonctif, comme partout dans l’organisme, va perdre son élasticité, sa fermeté et son hydratation. Ses capacités de régénération et de cicatrisation diminuent. La production de collagène diminue avec le temps, ce qui favorise le relâchement tissulaire et la perte d’étanchéité des gencives autour des dents. Si aucun traitement n’est apporté, les gencives se rétractent, rétractation exacerbée par des pathologies systémiques et/ou par des habitudes délétères comme le tabagisme ou l’alcoolisme. Les dents deviennent sensibles aux stimuli extérieurs, des caries sur les racines dentaires peuvent se développer. La forme des dents change, elles deviennent plus longues, ce qui modifie l’apparence esthétique et le sourire.
Des modifications de flores bactériennes

La salive va également changer. Elle perd sa fluidité, devient plus collante et est produite en moindre quantité. Au niveau gingival, le fluide gingival se restreint également. L’ensemble des tissus mous est donc moins hydraté, et la salive devenue collante crée facilement des zones de rétention. Des microbiotes buccaux spécifiques se mettent en place, avec possiblement le développement de bactéries pathogènes telles que Porphyromonas gingivalis ou Fusobacterium nucleatum. Localement, des saignements gingivaux apparaissent. Le brossage des dents devient sensible ou douloureux, il devient moins efficace. Cela doit être absolument considéré comme un signal d’alerte et inciter à consulter. Cette situation est amplifiée chez les patients présentant des douleurs ou des difficultés de mobilité articulaire. Il convient donc de faire évoluer les moyens d’hygiène buccodentaires en fonction : les brosses électriques et/ou hydropulseurs trouvent ici un intérêt majeur. De leur côté, les dents étant moins hydratées, elles deviennent plus fragiles et sujettes aux pertes de matière. Sur le plan général, l’ingestion quotidienne, lors de la formation du bol alimentaire (on mange tous les jours 10 % de nos bactéries buccales), de ces bactéries pathogènes va, à moyen et long terme, entraîner une contamination de l’ensemble du tube digestif.
Une inflammation chronique se met en place, d’abord digestive puis générale, et peut favoriser le développement de pathologies systémiques telles que le diabète, les pathologies cardiaques, les maladies neurodégénératives. L’impact de la dysbiose du microbiote buccal est aujourd’hui démontré à travers de multiples publications internationales.
Des traitements efficaces possibles
Aujourd’hui, la perte des dents n’est plus inéluctable. Il est fini le temps de perte de dents « familiales » !
Le rétablissement d’une harmonie buccale (l’homéostasie) et le maintien de cet équilibre bactérien (l’eubiose) sont les objectifs thérapeutiques à atteindre tant par le patient que par le praticien. Pour parvenir à ces objectifs, il est impératif de mettre en place un traitement global et de ne pas voir que la bouche du patient ou le signal d’alerte qu’elle envoie. Le traitement d’urgence consiste, bien sûr, sur le plan local, en la suppression des infections et des éléments douloureux. Des contrôles radiologiques peuvent être nécessaires. Ainsi, les foyers infectieux sont éradiqués, les dents délabrées restaurées et les prothèses inadaptées modifiées. Un prélèvement de la flore buccale mettant en évidence les bactéries, virus et fungi permet de savoir si la bouche est eubiotique (en équilibre) ou dysbiotique (en déséquilibre), et à quel point.
Les moyens d’hygiène, et notamment la brosse à dents, sont choisis et adaptés à la situation clinique. L’utilisation de brosses électriques soniques ou ultrasoniques peut être conseillée. De même pour les éléments d’hygiène accessoires comme les brossettes interdentaires, le fil dentaire ou les révélateurs de plaque. Ensuite, la correction de ce déséquilibre passe, sur le plan local, par le rétablissement d’un microbiote favorable. Des traitements d’élimination de la plaque dentaire pathogène (curetage) peuvent être menés de manière traditionnelle ou à l’aide de lasers. Un réensemencement de la flore peut être assuré à l’aide de probiotiques judicieusement sélectionnés.
L’alimentation prend une place majeure. L’apport d’eau, de nutriments et de micronutriments, en qualité et en quantité, va permettre aux tissus de maintenir un métabolisme optimal. Un bilan global sanguin, nutritionnel et micronutritionnel permet de mettre en évidence les carences, d’y pallier et de soutenir les fonctions affaiblies.
Pour assurer une bonne alimentation, la qualité de la mastication est essentielle. Les dents doivent être en bonne forme et efficaces !
La régénération des tissus gingivaux peut alors, si nécessaire, être mise en place. Différentes techniques sont décrites et utilisées. Elles consistent à compenser les modifications tissulaires et à redonner aux tissus une morphologie plus adaptée. Les greffes sont fréquemment utilisées à cet effet. Les techniques de biostimulation, notamment grâce au laser, sont aussi aujourd’hui utilisées. Au niveau osseux, il en est de même : la correction des déficits, la suppression des causes locales de déminéralisation, en modifiant la flore ou en supprimant les foyers infectieux par exemple, vont permettre dans un premier temps de stopper la fonte de l’os alvéolaire qui maintient les dents dans la mâchoire.
Dans un second temps, une stimulation mécanique ou par laser permet de relancer le métabolisme localement et de reformer un os solide et efficace. L’ensemble de tous ces traitements va assurer le rétablissement d’un équilibre buccal pérenne, avec l’aide et la coopération efficace du patient. La prise en charge globale des patients en consultation anti-âge est une nécessité. La bouche et la cavité buccale, si visibles mais si souvent oubliées ou délaissées, doivent faire l’objet d’un examen très précis.
Le rétablissement d’une fonction buccale et d’une esthétique satisfaisante, d’un microbiote buccal performant, sont les réels garants du rétablissement d’un métabolisme systémique optimal.
Dr Bernard Kurdyk

Chirurgien-Dentiste.Depuis plus de 20 ans, j’ai orienté mon exercice sur la prise en charge globale des patients avec notamment l’étude du microbiote buccal et l’utilisation des lasers pour assurer une médecine moderne, moins invasive et entièrement personnalisée.
Infos : docteur-bernardkurdyk.com

