Vers une médecine esthétique globale, préventive et durable
Dr Alexandra Colombo Turell
Longtemps centrée sur la correction visible des signes du vieillissement, la médecine esthétique évolue aujourd’hui vers des approches plus progressives, plus physiologiques et plus respectueuses des tissus.
Au cours des vingt dernières années, la médecine esthétique a connu une évolution majeure, tant dans ses techniques que dans sa philosophie. D’une approche initialement centrée sur la correction visible des signes du vieillissement, elle tend aujourd’hui vers une vision plus subtile, plus globale, plus progressive, et surtout plus respectueuse du tissu vivant.

Cette évolution ne repose pas uniquement sur l’innovation technologique, mais sur une transformation du regard que nous portons sur le visage et sur le vieillissement lui-même.
Une approche globale : le visage comme entité unique
Dans ma pratique, installée depuis près de vingt ans au Grand-Duché de Luxembourg, j’ai toujours privilégié une approche globale du visage. Très tôt, j’ai été peu encline à “segmenter” le visage en zones indépendantes à traiter séparément. Le visage est, à mon sens, une entité unique, dynamique, dont l’équilibre repose sur l’interaction de ses différentes structures. Le découper en indications isolées expose au risque de déséquilibre, voire d’une certaine standardisation des résultats.
Cette approche globale vise au contraire à préserver :
• l’harmonie
• l’équilibre
• l’identité du visage
• la personnalité du patient
C’est dans ce cadre que la qualité de peau s’est progressivement imposée comme un élément central.
La qualité de peau : un déterminant majeur du vieillissement

Le vieillissement cutané ne se résume pas à l’apparition de rides ou à une perte de volume. Il correspond à une altération progressive de la trophicité tissulaire :
• diminution de l’activité fibroblastique
• altération de la matrice extracellulaire
• perte d’hydratation
• dégradation des fibres de collagène et d’élastine
Ces phénomènes affectent la qualité globale du tissu et conditionnent l’apparition secondaire des signes visibles. Avec le recul, il apparaît clairement que ces altérations sont beaucoup plus difficiles à corriger qu’à prévenir. Il est plus simple de combler une ride que de restaurer une qualité cutanée dégradée. C’est ce constat qui m’a conduite, très tôt, à privilégier des stratégies d’entretien et de prévention.
Ce que recherchent les patients aujourd’hui
Les attentes des patients ont profondément évolué au cours des dernières années. Les patientes recherchent aujourd’hui des résultats naturels, progressifs et respectueux de leur identité. Elles souhaitent préserver la fraîcheur et l’harmonie de leur visage sans transformation visible ni standardisation des traits. Cette demande concerne particulièrement des femmes actives, ayant des contraintes sociales et professionnelles importantes, et recherchant des traitements efficaces mais simples, avec peu d’inconfort, peu ou pas de suites, et compatibles avec leur rythme de vie. Le caractère discret et physiologique de ces approches participe également au ressenti positif des patientes. Les résultats progressifs, respectueux des expressions et de la personnalité du visage, favorisent souvent une relation thérapeutique durable, fondée sur la confiance et l’accompagnement dans le temps.
L’écologie tissulaire : vers une approche plus respectueuse et durable
Cette évolution des attentes s’accompagne également d’une réflexion plus large autour de ce que l’on pourrait qualifier “d’écologie tissulaire”. Cette notion repose sur l’idée qu’une prise en charge esthétique moderne doit préserver autant que possible l’intégrité, la qualité et la physiologie du tissu vivant, dans une logique de durabilité. Il ne s’agit plus uniquement de corriger un signe visible du vieillissement, mais de maintenir dans le temps un tissu de bonne qualité, capable de vieillir de manière plus harmonieuse et plus stable. Cette approche implique de privilégier des traitements respectueux des tissus, peu agressifs, progressifs et intégrés dans une stratégie globale d’entretien. Elle répond également à une exigence croissante des patients, de plus en plus sensibles à la naturalité des résultats et aux conséquences potentielles de traitements trop agressifs, trop répétés ou insuffisamment respectueux du tissu vivant.
Une expérience de terrain : 20 ans de recul clinique
Depuis près de deux décennies, j’utilise des techniques de type skinbooster dans mes prises en charge. À une époque où les traitements volumateurs dominaient largement les pratiques, cette approche pouvait apparaître marginale. Avec le recul, cette orientation s’est révélée particulièrement pertinente.
Chez les patients suivis de manière régulière, et notamment au Luxembourg, où la fidélisation est forte, j’observe :
• un vieillissement plus progressif et harmonieux
• une meilleure qualité de peau dans le temps
• une diminution significative, voire une quasi-disparition des besoins en traitements correctifs
Ce constat reste empirique, mais il est constant. Il s’inscrit dans une logique de suivi longitudinal, où la régularité et la prévention jouent un rôle déterminant.
Profhilo® : une évolution majeure de la stimulation tissulaire
Dans cette dynamique, l’émergence des technologies de type Profhilo® a marqué une évolution importante. La spécificité IBSA repose sur la technologie NAHYCO®, associant acide hyaluronique de haut et bas poids moléculaires grâce à la stabilisation thermique et sans ajout d’agents de réticulation chimiques, permettant :
• une hydratation profonde
• une stimulation des fibroblastes
• une amélioration de la synthèse de collagène et d’élastine
• une intégration tissulaire optimale
Contrairement aux fillers classiques, il ne s’agit pas d’un produit de comblement, mais d’un véritable agent de bioremodelage tissulaire. Cette double action hydratante et stimulante permet d’améliorer la trophicité globale du tissu sans modifier les volumes ni les traits du visage. Une étude post-marché 1, menée entre 2015 et 2018 sur près de 40 000 patients traités par Profhilo®, a par ailleurs confirmé la haute tolérance du produit, avec un très faible taux d’effets indésirables. Ces données renforcent l’intérêt d’approches fondées sur la qualité tissulaire, la naturalité des résultats et le respect du tissu vivant.
Profhilo® Structura quant à lui, prolonge cette réflexion en s’intéressant à la restauration des compartiments graisseux superficiels, dont l’atrophie progressive participe directement à la perte d’harmonie du visage.
La médecine esthétique moderne tend vers une approche plus respectueuse du tissu et du vieillissement. La qualité de peau et l’écologie tissulaire en constituent aujourd’hui des éléments centraux. Les approches de stimulation tissulaire, et notamment les technologies comme NAHYCO®, permettent de répondre à cette exigence. Elles s’intègrent dans une vision globale, durable et cohérente, où l’objectif n’est plus de transformer le visage, mais de préserver son équilibre, son identité et sa vitalité.
Dr Alexandra Colombo Turell

Installée au Luxembourg depuis 2008 et à Metz depuis 2022. Médecin généraliste diplômée de Nancy, elle possède plusieurs diplômes universitaires en médecine esthétique, lasers médicaux, traitement de la calvitie et micronutrition.
Infos : docteur-colombo.fr
Références :
1 Cassuto D, Delledonne M, Zaccaria G, Illiano I, Giori AM, Bellia G. Safety Assessment of Highand Low-Molecular- Weight Hyaluronans (PROFHILO®) as Derived from Worldwide Postmarketing Data. Biomed Res Int 2020; 2020:8159047. Profil de sécurité de Profhilo® démontré après 3 ans d’expérience post-marché sur 40 000 patients. 12 effets indésirables mineurs collectés.

