Dr Nadège Roquet
Repenser le plancher pelvien dans une approche médicale globale
Regards d’une gynécologue sur une prise en charge fonctionnelle, non invasive et encore trop peu abordée des troubles pelviens.
En consultation, les troubles du plancher pelvien restent largement sous-déclarés. Pourtant, fuites urinaires, inconfort intime ou perte de tonicité pelvienne ont un impact majeur sur la qualité de vie. Avec une approche plus préventive et intégrative, ces symptômes méritent aujourd’hui d’être recherchés et pris en charge plus tôt. Dans ma pratique, les patientes parlent rarement spontanément de leurs fuites urinaires ou de leur inconfort pelvien. En revanche, lorsqu’on intègre quelques questions simples dans le questionnaire d’accueil — “Évitez-vous certains sports ?”, “Avez-vous des fuites en toussant ou en riant ?”, “Votre confort intime a-t-il changé ?” — le sujet apparaît très rapidement.
Beaucoup de femmes considèrent encore ces symptômes comme “normaux” après un accouchement, à la ménopause ou avec l’âge. Certaines ont essayé les exercices de Kegel sans régularité, d’autres n’osent simplement pas consulter. Pourtant, le retentissement sur la qualité de vie est souvent important : arrêt du sport, perte de confiance, gêne sociale ou impact sur la sexualité. C’est dans ce contexte que j’ai commencé à m’intéresser aux technologies de renforcement musculaire pelvien comme EMSELLA®. Au-delà du discours technologique, ce sont surtout les données fonctionnelles et les études d’imagerie qui ont retenu mon attention. Les travaux réalisés avec la technologie HIFEM® montrent une stimulation profonde du plancher pelvien avec restauration progressive du contrôle neuromusculaire. Certaines études IRM et échographiques objectivent d’ailleurs des modifications musculaires après traitement. En pratique, l’intérêt principal réside dans la simplicité du protocole : les patientes restent habillées, les séances durent moins de trente minutes et il n’y a pas d’éviction sociale. Selon les indications et le degré de relâchement pelvien, un protocole de 6 à 8 séances est généralement proposé. Cette facilité améliore clairement l’adhésion thérapeutique, notamment chez des patientes actives qui repoussaient jusque-là toute prise en charge.

Les profils concernés restent majoritairement féminins : post-partum, péri-ménopause ou sportives à haut impact. Mais plusieurs confrères, notamment en urologie et médecine fonctionnelle, se sont également intéressés à ces technologies après la publication de travaux portant sur le plancher pelvien masculin, notamment dans le contexte post-prostatique. Plusieurs études multicentriques rapportent une amélioration significative des symptômes urinaires et du bien-être intime. Une publication de 2023 retrouve notamment une amélioration de 68 % des symptômes d’incontinence à 12 mois. D’autres travaux montrent également une amélioration de la satisfaction sexuelle et du confort intime chez certaines patientes présentant un affaiblissement du plancher pelvien. Avec le temps, je pense que notre rôle évolue : il ne s’agit plus seulement de traiter une pathologie installée, mais aussi d’identifier précocement des déséquilibres fonctionnels qui altèrent progressivement la qualité de vie.
Le plancher pelvien reste encore un sujet insuffisamment abordé en consultation. Pourtant, quelques questions ciblées suffisent souvent à révéler une gêne ancienne et très impactante pour les patients. Les approches non invasives comme EMSELLA® apportent aujourd’hui une option complémentaire intéressante dans une prise en charge globale, fonctionnelle et préventive.
Dr Nadège Roquet

Gynécologue-obstétricienne spécialisée en gynécologie fonctionnelle et esthétique ainsi qu’en chirurgie intime. Elle accompagne les femmes dans la préservation de leur santé gynécologique, de leur confort intime, de leur confiance et de leur bien-être féminin. Clinique Esthétique Aquitaine à Bordeaux.
Infos : chirurgie-intime-femme.com

